—C'est vrai, répondit le Canadien, ceci est important; il serait même bon qu'un détachement de la cuadrilla de don Miguel se rendit directement au rendez-vous que nous allons choisir, afin qu'en cas de malheur chaque troupe put y trouver un secours ou une réserve.

—En effet, quinze de mes hommes les plus résolus iront immédiatement camper au lieu que vous désignerez, Bon-Affût, fit don Leo, afin d'être prêts à se porter partout où leur présence sera nécessaire.

—C'est une guerre en règle que nous faisons, ne l'oublions pas; ne négligeons donc aucune précaution; Ruperto, qui est un vieux chasseur de bisons, prendra, sauf votre bon plaisir, don Leo, le commandement de cette troupe, et il se rendra à Amaxtlan[1].

—Oh! Je connais bien l'endroit, interrompit Ruperto, j'y ai souvent chassé le castor et la loutre.

—Voilà qui est bien, reprit Bon-Affût; maintenant, quoi qu'il arrive, nous devons nous trouver tous au lieu du rendez-vous, d'aujourd'hui en un mois, à moins d'un empêchement grave, et, dans ce cas, le détachement qui manquerait expédierait un émissaire à Ruperto, afin de l'instruire de la cause de son retard; est-ce convenu?

—Oui, répondirent les assistants.

—Mais, ajouta don Leo, vous ne partez pas seul avec don Mariano, je suppose?

—Non, je prends encore Domingo, que, pour certaines raisons à moi connues, je ne suis pas fâché d'avoir constamment sous la main; les deux domestiques de don Mariano me suivront aussi, ils sont braves, dévoués; je n'ai pas besoin de plus de monde.

—C'est bien peu, observa don Leo.

Le vieux chasseur eut un sourire d'une expression indéfinissable.