Trois guerriers se détachèrent alors de la première troupe et s'approchèrent d'eux.

Après quelques paroles échangées brièvement, les six cavaliers réunis rejoignirent le détachement qui était demeuré immobile en arrière et entrèrent avec lui dans la ville.

Bon-Affût, qui le suivait de près, arriva à la porte à l'instant où les derniers cavaliers disparaissaient dans la cité.

Le chasseur comprit que le moment était venu de payer d'audace: prenant alors l'air le plus insouciant qu'il lui fût possible d'affecter, bien que son cœur battît à lui briser la poitrine, il se présenta à son tour pour entrer.

Il avait aperçu à quelque distance l'Aigle-Volant et sa femme, arrêtés à causer avec un Indien qui semblait tenir un certain rang.

Cette vue redoubla le courage du hardi Canadien.

Il franchi hardiment le pont et arriva impassible en apparence devant la porte.

Alors une lance s'abattit devant lui et lui barra le passage.

A un geste de l'Aigle-Volant, l'Indien avec lequel il causait le quitta et se dirigea vers la porte.

C'était un guerrier de haute taille, auquel ses cheveux grisonnants et les rides nombreuses de son visage imprimaient un certain caractère de douceur, de finesse et de majesté; il dit un mot à la sentinelle qui s'opposait au passage du chasseur; celle-ci releva aussitôt sa lance et se recula de quelques pas après s'être respectueusement incliné.