L'Aigle-Volant s'inclina silencieusement.
Ils sortirent.
Le chasseur demeura seul dans le calli en présence des deux femmes.
Le Pigeon, pendant la conversation précédente, avait été occupée à causer à voix basse avec l'Églantine; presque aussitôt après le départ des guerriers, les deux femmes se levèrent et se préparèrent à sortir.
L'Églantine, sans prononcer une parole, mit un doigt sur ses lèvres en regardant le chasseur; celui-ci s'enveloppa dans sa robe de bison, et s'adressant à la femme d'Atoyac:
—Je ne veux pas gêner ma sœur, dit-il, pendant que les chefs sont en conseil; j'irai faire une promenade dehors, afin d'examiner avec plus de soin le temple magnifique que je n'ai fait qu'entrevoir en venant ici.
—Mon père a raison, répondit-elle, d'autant plus que l'Églantine et moi nous avons à sortir de notre côte, et que nous aurions été contraintes de laisser mon père seul dans le calli.
L'Églantine sourit doucement en faisant un léger signe de tête au chasseur.
Celui-ci, soupçonnant que la femme de l'Aigle-Volant avait découvert la retraite des jeunes filles dans sa conversation avec son amie, et que le désir qu'elle témoignait de l'éloigner n'avait d'autre but que celui d'obtenir de plus grands renseignements sur elles, ne fit pas d'objection, et sortit lentement du calli, en marchant avec toute la majesté et l'importance du sage personnage qu'il représentait.
Du reste, le Canadien n'était pas fâché d'être seul pendant quelque temps, afin de réfléchir aux moyens qu'il emploierait pour se rapprocher des jeunes filles, démarche qui ne lui semblait nullement facile à faire. D'un autre côté, il comptait profiter de la liberté qu'on lui laissait pour aller faire un tour dans la ville en cherchant à s'enquérir des renseignements topographiques dont il avait besoin.