—Silence! dit vivement don Leo, voici quelqu'un.

—Où cela?

Le jeune homme étendit le bras dans la direction du temple du Soleil.

—Voyez, répondit-il.

—En effet, murmura Balle-Franche après un instant; mais il me semble que cet homme fait comme nous. Il a l'air d'être aux aguets. Quelle raison peut le faire veiller aussi tard?

Après s'être, en quelques mots, concertés entre eux, les deux aventuriers se séparèrent, et, de deux côtés différents, s'approchèrent à pas de loup du côté du nocturne promeneur, en se dissimulant le mieux qu'il leur était possible dans l'ombre, ce qui n'était pas une tâche facile. La lune était levée depuis quelque temps et répandait une lueur assez faible, il est vrai, mais cependant suffisante pour laisser, à une assez grande distance, distinguer les objets. L'homme vers lequel s'avançaient les aventuriers était toujours immobile à l'endroit où ils l'avaient aperçu; le corps penché en avant, l'oreille appuyée contre la porte du temple, il semblait écouter avec attention. Don Leo et Balle-Franche n'étaient plus qu'à cinq ou six pas, ils se préparaient à fondre sur lui, lorsque tout à coup il se redressa. Ils étouffèrent avec peine un cri de surprise.

—L'Aigle-Volant! murmurèrent-ils. Mais, si bas qu'ils eussent parlé, celui-ci les avait entendus; il avait immédiatement sondé les ténèbres d'un regard perçant.

—Ooah! fit-il en apercevant les deux hommes, et il s'avança résolument de leur côté.

Les aventuriers quittèrent l'ombre qui les protégeait et attendirent. Lorsque l'Aigle-Volant fut arrivé presque sur eux:

—C'est moi! lui dit don Leo.