—Les Apaches sont des chiens, murmura le Comanche avec colère.

—Je suis de votre avis; mais, quant à présent, feignons de ne pas les considérer comme tels. Croyez-moi, nous prendrons bientôt notre revanche; d'ailleurs l'avantage nous reste, puisque nous les trompons.

L'Aigle-Volant baissa tête.

—Le chef me promet-il de ne pas faire un geste sans un signal de moi? reprit le chasseur avec insistance.

—L'Aigle-Volant est un sachem, il a dit qu'il obéirait à la Tête-Grise.

—Bien; maintenant regardez, votre attente ne sera pas longue.

Après avoir prononcé ces paroles avec cet accent railleur, moitié figue et moitié raisin, qui lui était habituel, le vieux chasseur écarta résolument les broussailles et entra d'un pas ferme dans la clairière, suivi de ses deux compagnons.

Nous avons dit l'émotion causée par cette arrivée imprévue.

L'Aigle-Volant avait regagné son embuscade au haut de l'arbre dont il n'était descendu que pour causer avec le chasseur et lui donner les renseignements dont celui-ci avait si grand besoin. Balle-Franche s'était arrêté auprès de Bon-Affût.

—Ami, lui dit-il alors en espagnol, langue que la plupart des Indiens comprennent, votre ordre est exécuté; l'Aigle-Volant et sa femme sont à présent dans le camp des Gambucinos.