Arrivés dans les hautes herbes, après être sortis de la forêt, ils s'arrêtèrent un instant pour s'orienter.
—Il est tard, observa Bon-Affût.
—Oui, il est près de midi; suivez-moi, nous aurons bientôt rattrapé le temps perdu.
—Comment cela?
—Au lieu de marcher, ne seriez-vous pas d'avis de faire la route à cheval?
—Oui, si nous avions des chevaux?
—Voilà justement ce que je veux vous procurer.
—Vous avez des chevaux?
—J'ai laissé cette nuit, ici aux environs, mon cheval et celui de Ruperto, pour aller au rendez-vous que m'avait assigné don José, rendez-vous auquel j'étais forcé d'aller dans une pirogue.
—Eh! Eh! Ces braves bêtes arrivent bien; pour ma part je suis rompu, je vous l'avoue; voici longtemps déjà que je chemine à pied à travers la Prairie, mes jambes commencent à ne plus vouloir me porter.