—Oui, je vous emmène avec moi; j'espère avant peu vous rendre votre mari.

—Oh! señora, fit-elle en tombant à ses genoux et en baisant ses mains avec effusion, que vous êtes bonne et que je vous aime!

—Relevez-vous, chère petite, ne pleurez pas. Bientôt vous serez heureuse, je vous le promets. Je n'aime pas les dettes, ajouta-t-elle avec un charmant sourire, et je veux m'acquitter avec vous. Ainsi c'est convenu, hâtez-vous de faire vos préparatifs, nous n'avons pas de temps à perdre.

Ainsi qu'il l'avait promis à miss Anna, Matadiez, car nos lecteurs ont sans doute reconnu déjà ce digne personnage, revint au rancho, conduisant par la bride trois chevaux soigneusement sellés et harnachés.

—Partons! s'écria joyeusement la jeune fille, et elle s'élança vers la porte.

—Attendez! dit tout à coup Matadiez en la retenant par le bras, il se passe dans le pueblo quelque chose d'extraordinaire; laissez-moi m'informer.

Et il sortit sans attendre la réponse de la jeune fille.

En effet, une rumeur étrange de cris et de trépignements de chevaux, mêlés à des rires et à des blasphèmes, se faisait entendre au dehors.


[XII]