—Je vous obéis, miss Anna.
Ils marchèrent silencieusement auprès l'un de l'autre, traversèrent la foule des invités sans même les voir, et entrèrent dans le Cabildo.
M. Prescott fut charmé du désir que témoignait sa fille de se retirer immédiatement, et il se hâta de l'emmener.
Don Pablo les accompagna jusqu'à leur maison, puis il prit congé d'eux et retourna auprès du président.
—Je saurai ce qui s'est passé, murmura-t-il en montant tout rêveur les marches du Cabildo, il faudra que miss Anna me le dise! Pauvre Anna! N'est-ce donc pas moi qui dois la défendre!
[VIII]
Le Départ.
Quatre jours s'étaient écoulés depuis la fête splendide donnée au Cabildo de San Luis de Potosí, en l'honneur du président de la République mexicaine; Santa-Anna pressait l'organisation de son armée dont les divers corps continuaient à se grouper autour de la ville.
Un lundi, vers dix heures du matin, trois personnes étaient attablées et déjeunaient ou plutôt faisaient semblant de déjeuner dans la salle à manger de la maison habitée par M. Prescott.