—C'est que je le suis en effet; la personne qui vous attend, non seulement vous connaît, mais encore est de vos amis.

—Allons bon, très bien, cela s'embrouille de plus en plus; continuez je vous en prie.

—Je n'ai que peu de mots à ajouter, d'ailleurs dans quelques minutes nous serons arrivés et je ne veux pas vous laisser plus longtemps dans le doute.

—C'est bien aimable à vous, ma cousine, je vous jure. J'attends humblement que vous daigniez vous expliquer.

—Il le faut bien, puisque votre cœur a si peu de mémoire; comment monsieur, vous êtes étranger, jeté depuis quelques jours à peine dans un pays inconnu; dans ce pays, depuis que vous y êtes débarqué, vous n'avez rencontré encore qu'un seul homme qui vous a témoigné quelque sympathie, et cet homme vous l'avez déjà si complètement oublié; cela, permettez-moi de vous le faire observer, mon cher cousin, prouve médiocrement en faveur de votre constance.

—Accablez-moi, ma cousine, je mérite tous vos reproches; vous avez raison, il y a en effet au Mexique un homme pour lequel j'éprouve une sincère amitié.

—Ah, ah! Je ne me trompais donc pas?

—Non, mais j'étais si loin de supposer que ce fût de cet homme dont vous me parliez que je vous avoue...

—Que vous ne vous le rappeliez plus, n'est-ce pas?

—Au contraire, ma cousine, et mon plus vif désir serait de le revoir.