—Je vous revois donc, mon ami, lui dit-il; merci de vous être souvenu de moi.
—Supposiez-vous donc que je vous eusse oublié?
—Ma foi, dit gaiement le jeune homme, j'en aurais eu presque le droit.
—Monsieur le comte, dit alors l'aventurier, avant tout, permettez-moi de vous présenter monsieur Dominique, c'est plus qu'un frère, c'est un autre moi-même, je serais heureux qu'il vous plût de reporter sur lui un peu de l'amitié que vous daignez me témoigner.
—Monsieur, répondit le comte en s'inclinant gracieusement devant le vaquero, je regrette sincèrement de m'exprimer si mal en espagnol, ce qui m'empêche de vous montrer le vif désir que j'éprouve de vous voir partager la sympathie que, dès à présent, vous m'inspirez.
—Qu'à cela ne tienne, monsieur, répondit en français le vaquero, je parle assez couramment votre langue pour vous remercier de vos cordiales paroles, dont je vous suis très reconnaissant.
—Ah! Pardieu, monsieur, vous me ravissez, voilà une charmante surprise; veuillez, je vous prie, accepter ma main et me considérer comme entièrement à votre disposition.
—De grand cœur, monsieur, et merci, bientôt nous nous connaîtrons davantage, et alors vous me compterez, je l'espère, au nombre de vos amis.
Sur ces mots, les deux jeunes gens se serrèrent chaleureusement la main.
—Êtes-vous content, mon ami? demanda doña Dolores.