—Maintenant, dit-il en s'adressant aux peones effrayés de ces préparatifs sinistres, en arrière vous autres, mais continuez toujours à tirer pour les inquiéter.
Les trois hommes demeurèrent seuls avec les deux domestiques du comte, qui n'avaient pas voulu abandonner leur maître.
En quelques mots Dominique expliqua son projet à ses compagnons.
Ils se chargèrent des barils, et se glissant silencieusement derrière les arbres, ils s'approchèrent de la grotte.
Les assiégeants, occupés à démolir intérieurement le mur, et n'osant se risquer devant la brèche à cause du feu continuel des peones, ne voyaient pas ce qui se passait au dehors, il fut donc assez facile aux cinq hommes d'arriver jusqu'au pied même du mur que démolissaient les guérilleros, sans être découvert.
Dominique plaça les trois barils de poudre à toucher le bas du mur, et sur ces barils il entassa, aidé par ses compagnons, toutes les pierres qu'il put trouver, puis il prit son mechero, en retira la mèche dont il coupa un bout long de dix centimètres au plus, il alluma cette mèche et la planta dans un des barils.
—En retraite! En retraite! dit-il à demi-voix, le mur ne tient plus. Voyez il penche, dans un instant il tombera.
Et, donnant l'exemple à ses compagnons, il s'éloigna en courant.
Presque tous les défenseurs de l'hacienda, au nombre d'une quarantaine environ et ayant don Andrés à leur tête, étaient réunis à l'entrée de la huerta.
—Pourquoi courez-vous si fort? demanda-t-il aux jeunes gens; est-ce que les bandits arrivent.