En ce moment on entendit ouvrir la porte de la rue et résonner les pas d'un cheval dans le zaguán.

—Voici le baron, dit l'aventurier, et il alla au-devant de son visiteur.

C'était effectivement Dominique qui arrivait.

Don Jaime lui tendit la main, et lui lançant un regard significatif:

—Soyez le bienvenu, mon cher baron, lui dit-il en français, langue que les deux dames parlaient fort bien, je vous attendais avec impatience.

Le jeune homme comprit que jusqu'à nouvel ordre il devait garder son incognito.

—Je suis véritablement désolé de vous avoir fait attendre, mon cher don Jaime, répondit-il, mais j'arrive de Puebla à franc-étrier et je ne vous apprendrai rien de nouveau en vous disant que la route est longue.

—Je la connais, reprit en souriant don Jaime, mais venez donc que je vous présente à deux dames qui désirent vous connaître, ne demeurons pas davantage ici.

—Mesdames, dit entrant don Jaime, permettez-moi de vous présenter le baron Charles de Meriadec attaché à l'ambassade française, un de mes meilleurs amis dont j'ai eu occasion de vous entretenir. Mon cher baron, j'ai l'honneur de vous présenter doña Maria ma sœur et doña Carmen ma nièce.

Bien que, avec intention sans doute, l'aventurier eût supprimé la moitié du nom des dames, le jeune homme ne parut pas s'en apercevoir et les salua respectueusement.