Il profita de ce contre-temps pour prendre un peu de repos. En effet, il était accablé de fatigues.

Il tomba bientôt dans un sommeil si profond, qu'il n'entendit même pas les cris et les vociférations furieuses de la foule rassemblée sur la place, en voyant que, au lieu de trois criminels, que depuis si longtemps elle attendait pour se repaître de leur supplice et savourer avec délice une vengeance si désirée, on ne lui livrait que trois cadavres.

Au moment où ils étaient entrés dans le cachot des condamnés pour les conduire au supplice, le geôlier et les hommes de justice n'avaient plus trouvé que des cadavres: les condamnés étaient morts.

Lorsque le comte se réveilla, tout était fini, les boutiques s'étaient rouvertes, la ville avait repris son aspect accoutumé.

Le comte s'informa de sa voiture; elle était attelée et attendait à la porte de la maison.

Les derniers apprêts furent bien vite terminés; le comte descendit.

—Où allons-nous, Excellence? demanda le postillon, la main au chapeau.

—Route de Vienne, répondit le comte en s'accommodant de son mieux dans le fond de la voiture.

Le postillon fit claquer son fouet; on partit à fond de train.

Le comte avait réfléchi; voici quel avait été le résultat de ses réflexions.