—Ah, ah! fit Olivier, je sais que vous êtes amateur, c'est une surprise que je vous ménageais; comment la trouvez-vous?
—C'est admirable, je n'ai jamais rien vu d'aussi beau, s'écria le jeune homme avec enthousiasme.
—Oui, reprit l'aventurier avec un soupir étouffé, c'est assez bien, pour un paysage gâté par la main des hommes; je vous l'ai dit plusieurs fois déjà: c'est seulement dans les hautes savanes du grand désert mexicain qu'il est possible de voir la nature telle que Dieu l'a faite; ceci n'est qu'un décor d'opéra en comparaison, une nature de convention qui n'a pas de raison d'être et qui ne signifie rien.
Le comte sourit à cette boutade.
—De convention ou non, moi je trouve cette vue admirable.
—Oui, oui, je vous le répète, c'est assez bien réussi. Songez combien ce paysage devait être beau, aux premiers jours du monde, puisque malgré tous leurs efforts maladroits, les hommes ne sont pas encore parvenus à le gâter entièrement.
Les rires du jeune homme redoublèrent à ces paroles.
—Sur ma foi! dit-il, vous êtes un charmant compagnon, monsieur Olivier, et lorsque je me serai séparé de vous, bien souvent je regretterai votre agréable compagnie.
—Alors préparez-vous à me regretter, monsieur le comte, répondit-il en souriant, car nous n'avons plus que quelques instants à passer ensemble.
—Comment cela?