—Que me veux-tu? lui demanda celui-ci.

—Nous sommes espionnés, répondit le peon. Il le conduisit à la porte et fit silencieusement glisser un guichet dans une rainure.

Don Jaime regarda; juste en face de la porte, presque confondu avec l'obscurité qui régnait dans un enfoncement produit par les déblais et les échafauds d'une maison en réparation, un homme, qui aurait échappé à un regard moins perçant que celui de l'aventurier, se tenait immobile.

—Je crois que tu as raison, dit don Jaime au peon; dans tous les cas, il est urgent de s'en assurer, et je m'en charge, ajouta-t-il entre ses dents avec une expression terrible. Change avec moi de manteau et de chapeau; tu accompagneras ces caballeros; cet homme a vu entrer trois hommes, il faut qu'il en voie sortir trois; maintenant à cheval et partez.

—Mais, dit Dominique, il serait plus simple, il me semble, de tuer cet homme.

—Cela pourra venir, répondit don Jaime, mais je tiens avant tout à m'assurer que c'est bien un espion; je ne me soucie pas de commettre une méprise. Ne vous inquiétez pas de moi, avant une demi heure je vous rejoindrai et je vous rendrai compte de ce qui se sera passé entre cet homme et moi.

—A bientôt, dit le comte en lui serrant la main.

—A bientôt.

Ils sortirent alors suivis de Leo Carral et des deux domestiques du comte.

Le vieux serviteur de doña Maria referma bruyamment la porte derrière eux, mais il eut le soin de la rouvrir aussitôt sans bruit.