Don Jaime rangea ses cavaliers derrière la cavalerie régulière.
Puis, toutes les dispositions prises, on déjeuna.
A neuf heures du matin, on commença à entendre ce que les Espagnols appellent un tiroteo: c'étaient les grands-gardes qui se repliaient devant les têtes de colonnes d'Ortega qui débouchaient sur le champ de bataille choisi par Miramón, et qui engageaient la fusillade avec elles.
Rien n'aurait été plus facile au président que d'éviter la bataille; il ne le voulut pas, il avait hâte d'en finir.
Miramón était entouré de ses plus sûrs lieutenants: Vélez, Cobos, Negrete Ayestarán et Márquez.
En apercevant l'ennemi, il monta à cheval, parcourut les rangs de sa petite armée, donna ses instructions d'une voix ferme et brève, essaya de communiquer à tous la vaillante ardeur qui l'enflammait et levant son épée en l'air:
—En avant! cria-t-il d'une voix retentissante.
La bataille commença aussitôt.
L'armée juariste, forcée de se masser sous le feu de l'ennemi, avait un désavantage marqué.
Les soldats de Miramón, excités par l'exemple de leur jeune chef, il n'avait alors que vingt-six ans, combattaient comme des lions et faisaient des prodiges de valeur.