—Monsieur le comte, dit-il, en se tournant vers le jeune homme; nous voici arrivés au terme de notre voyage, permettez-moi de prendre congé de vous.
—Pas avant que vous m'ayez promis de me revoir.
—Je ne puis vous promettre cela, comte, nos routes sont diamétralement opposées, d'ailleurs peut-être vaudrait-il mieux que nous ne nous revissions jamais.
—Que voulez-vous dire?
—Rien d'offensant pour vous, ou qui vous soit personnel; permettez-moi de serrer votre main avant de nous quitter.
—Oh! De grand cœur, s'écria le jeune homme en lui tendant la main avec effusion.
—Et maintenant, adieu! Adieu encore une fois; le temps s'envole rapidement et je devrais être déjà loin.
L'aventurier se pencha sur le cou de son cheval et s'élança avec la rapidité d'une flèche dans un sentier où il ne tarda pas à disparaître.
Le comte le suivit des yeux aussi longtemps qu'il lui fut possible de l'apercevoir; lorsqu'enfin il se fut dérobé derrière un pli de terrain, le comte poussa un soupir.
—Quel caractère étrange! murmura-t-il à voix basse. Oh! Je le reverrai, il le faut.