L'ayuntamiento s'adressa en corps, au général Berriozábal, qui accepta généreusement cette difficile mission.
Son premier soin fut de prier les ministres étrangers, d'armer leurs nationaux, afin de remplacer la police désorganisée et de veiller au salut général.
Pendant ce temps, Miramón préparait tout pour son départ.
Ne pouvant emmener sa femme et ses enfants avec lui, dans une fuite dont les péripéties pouvaient être sanglantes, il se résolut à les confier à l'ambassade d'Espagne, où on les reçut avec tous les égards auxquels leur situation malheureuse leur donnait droit.
S'il l'avait voulu, Miramón aurait pu s'éloigner sans avoir de violence à redouter de la part des partisans de Juárez. Naturellement sympathique, si on le regardait comme un adversaire politique, personne ne le haïssait comme ennemi personnel.
Des propositions de se sauver seul lui avaient même été faites à plusieurs reprises, mais avec cette délicatesse chevaleresque qui est un des beaux côtés de son caractère, il avait refusé, car il ne voulait pas au dernier moment abandonner à la haine implacable de leurs ennemis certaines personnes qui avaient combattu pour lui et s'étaient compromises pour sa cause.
Certes, ce sentiment était honorable, et ses adversaires eux-mêmes, furent contraints d'admirer cette conduite généreuse.
Don Jaime de Bivar avait passé une partie de la journée auprès du général, le consolant de son mieux et l'aidant à rallier autour de lui, les tronçons épars, nous ne dirons pas de son armée, elle n'existait plus de fait, mais des divers corps qui flottaient encore indécis sur le parti qu'il leur convenait de servir.
Le comte de la Saulay et le duc de Tobar, car nous rendrons à Dominique le nom qui lui appartient, après avoir tenu compagnie aux dames pendant toute la soirée, et avoir causé avec elles des événements étranges du jour précédent, avaient enfin pris congé, assez inquiets de la longue absence de don Jaime, à cause de la confusion qui régnait en ce moment dans la ville; ils venaient de rentrer dans leur demeure et se préparaient à se livrer au repos, lorsque Raimbaut, le domestique du comte, leur annonça López.
Le peon était armé comme pour une expédition dangereuse.