—Écoute, reprit-il, et ne prends pas en mauvaise part ce que je vais te dire.

—De vous, maître Olivier, j'entendrai tout, car vous avez le droit de tout me dire.

—Bien, te rappelles-tu comment nous nous sommes connus?

—Certes, j'étais un enfant alors, misérable et chétif, mourant de faim et de misère dans les rues de México, vous avez eu pitié de moi, vous m'avez habillé et nourri; non content de cela, vous m'avez vous-même enseigné à lire, à écrire, à calculer; que sais-je encore!

—Passe, passe.

—Puis, vous m'avez fait retrouver mes parents, ou du moins les personnes qui m'ont élevé, et que, à défaut d'autres, j'ai toujours considérés comme étant ma famille.

—Bien, après.

—Dam, vous savez cela aussi bien que moi, maître Olivier.

—C'est possible, mais je veux que tu me le répètes.

—Comme il vous plaira: un jour vous êtes venu au rancho, vous m'avez emmené avec vous et vous m'avez conduit en Sonora et au Texas, où nous avons chassé le bison; au bout de deux ou trois ans, vous m'avez fait adopter par une tribu Comanche, et vous m'avez quitté en m'ordonnant de demeurer dans les prairies et de mener l'existence de coureur des bois, jusqu'à ce que vous me fassiez transmettre l'ordre de revenir près de vous.