—Regardez, dit laconiquement Olivier, en étendant le bras dans la direction du petit bois dont eux-mêmes étaient sortis deux heures auparavant.

Le comte tourna machinalement la tête de ce côté; au même instant une dizaine de cavaliers irréguliers, armés de sabres et de longues lances débouchèrent au galop dans le vallon et s'élancèrent sur la route vers le premier défilé des Cumbres.

—Des soldats du président de la Veracruz, murmura le jeune homme; qu'est-ce que cela veut dire?

—Attendez, reprit l'aventurier:

Un roulement de voiture devint bientôt distinct et une berline apparut emportée comme dans un tourbillon par un attelage de six mules.

—Malédiction, s'écria l'aventurier, avec un geste de colère en apercevant la voiture.

Le jeune homme regarda son compagnon; celui-ci était pâle comme un cadavre, un tremblement convulsif agitait tous ses membres.

—Qu'avez-vous donc? lui demanda le comte avec intérêt.

—Rien, répondit-il sèchement, regardez... Derrière la voiture, un second peloton de soldats arrivait au galop, la suivant à une légère distance et soulevant des flots de poussière sur son passage.

Puis, cavaliers et berline s'engouffrèrent dans le défilé où ils ne tardèrent pas à disparaître.