Mais, surtout il n'oubliera plus jamais les œuvres du Greco et de Goya.
Cette fois, il a vu Goya!... Et il exprime toute sa frénétique admiration pour cet hallucinant visionnaire des plus violentes sensations picturales. Et quel inventeur de l'art moderne! C'est lui qui a déchaîné toutes les fantaisies et tous les concepts. Dans le rêve, il est allé au delà de toute audace; il a créé des monstres parfaitement organisés; il a, dans tous les cauchemars et dans toutes les angoisses, exprimé l'inexprimable, se servant d'un étrange dessin et d'une rare sobriété de couleurs. Enfin, il a marqué de sa puissante griffe tous les peintres qui sont venus et qui viendront après lui, pour représenter l'effroi et la désolation du Monde!
PHOTO DRUET
PORTRAIT DE Mme SUZANNE V.
A Tolède, Lautrec a vu aussi le Greco, et surtout le somptueux et miraculeux Enterrement du Comte D'Orgaz. Rentré à Paris, il dira à son ami Romain Coolus, qu'il a également connu à la Revue blanche: «Je vais te faire ton portrait à la manière du Greco!»
Le portrait, on le sait, fut peint; mais, heureusement, à la manière de Lautrec.