Au Café de Bordeaux, Antoine, un amer! Sur les quais de Bordeaux; Arrivée aux Courses; Etude pour «Elles»; Esquisse pour l'affiche de «Babylone»; Course de chevaux; Dans les coulisses; Elsa, la Viennoise; Une habituée de la «Souris»; Programme de «l'Assommoir»; Messaline; Projet d'affiche du «Divan japonais»; Les frères Marco (clowns); Scène de Cirque; Polaire; Yvette Guilbert, saluant; etc., etc.
Dans tous ces dessins, et dans des centaines d'autres qu'il est impossible de dénombrer, Lautrec nous offre son style, sa science de l'expression, qu'il met en valeur par un contour frémissant, creusé, exact. C'est toujours un miraculeux, un unique dessin! Maints dessins d'artistes illustres paraissent froids, conventionnels, sans mouvement, à côté de ce dessin passionné, qui déborde de vie et de volonté.
COUVERTURE POUR UN MONOLOGUE
Mais si nous avons insisté sur le côté acéré, amer, de son dessin, de son écriture, il est capable, aussi, ce complet dessinateur, de traduire toute la grâce d'un profil d'enfant, toute la délicatesse de certaines têtes de femmes. Il a tellement de ressources, ce dessin singulier, qu'il peut être tour à tour cruel ou caressant, anguleux ou arrondi; il peut flageller ou flatter, effrayer ou attirer. Même, quelquefois, ce dessin pare de je ne sais quelle morbidesse telle tête de fille, qui, en maison, laisse rêver sa bêtise. Mais, cependant, à tout bien considérer, nous pensons que Lautrec a bien fait de suivre plutôt son penchant vers l'amertume, et vers le pessimisme. Nous aimons, sans doute, les accès de tendresse de Lautrec; et il y a maints et maints dessins faits dans cette douceur de caractère qui sont d'une grâce heureuse; mais nous préférons le dessin incisif, douloureux, le ravinement d'une face, une bouche plissée, des narines ouvertes, un regard d'oiseau de proie somnolent, un chignon en bataille;—tous les stigmates, enfin, dont il accable le plus souvent les femmes, qui retiennent son caprice!
Pour tout résumer, nous aimons infiniment mieux Lautrec-Goya que Lautrec-Fragonard!