M. André Lebey.—Je vous écoute et je m’en rends compte.
M. Jules Delahaye.—Laissez-moi au moins continuer ma lecture, pour savoir si je suis aussi passionné que vous le prétendez:
«Art. 2.—La valeur artistique des donations ou legs, ainsi que leurs conditions financières ou immobilières, devront être soumises à l’avis préalable et motivé d’une commission de douze membres, élue, pour moitié, par les classes compétentes de l’Institut...» (Interruptions sur les bancs du parti socialiste.)
Attendez la fin de la phrase.
M. le président.—Monsieur Delahaye, voulez-vous me dire si cette nomination d’une commission formée de membres de l’Institut est dans le texte?
M. Jules Delahaye.—Je le relis: «Art. 2.—La valeur artistique des donations ou legs, ainsi que leurs conditions financières ou immobilières, devront être soumises à l’avis préalable et motivé d’une commission de douze membres, élue, pour moitié, par les classes compétentes de l’Institut, et pour moitié en dehors de l’Institut.» (Interruptions sur les bancs du parti socialiste.)
M. le président.—Messieurs, ne laissez pas dire qu’on ne peut pas parler quand on n’est pas de votre avis.
M. Jules Delahaye.—Pour abréger le plus possible mes observations,—car je suis fatigué d’un voyage nocturne,—je vous demande la permission de lire aussi mon exposé sommaire, ce qui me permettra d’éviter tout développement: «Aux engouements passagers ou aux prétentions excessives des coteries d’art ou des artistes trop enclins à se soustraire aux sages traditions de nos musées nationaux, qui, jusqu’à ce jour, imposaient à toute consécration du «génie» la sanction du temps,—il s’agit d’imposer, par le contre-projet ci-contre, au moins le contrôle et l’appréciation motivée d’une élite de compétences indépendantes de toute influence étrangère à l’art.
«Il s’agit aussi d’empêcher la conséquence évidente d’un précédent sans pareil dans l’histoire ancienne et moderne des artistes français.»
M. Jules-Louis Breton.—Très bien!