1º À un Dieu en une seule personne, et non en trois;
2º Que la Bible n'est pas directement émanée de Dieu, mais l'oeuvre d'un homme rendant compte de la révélation;
3º Que Jésus-Christ n'est point un Dieu, mais l'agent d'un Dieu;
4º Qu'il n'y a point de Saint-Esprit;
5º Que Jésus-Christ est venu sur la terre, non pour expier par sa mort les péchés des hommes, mais pour donner à ceux-ci l'exemple de la vertu;
6º Que l'homme n'a point de tache originelle; que c'est un être né bon, n'ayant d'autre chose à faire que de se perfectionner;
7º Que le méchant ne sera point éternellement malheureux;
8º Que, pour parvenir à une vie perpétuellement heureuse, les hommes ne doivent fonder aucune espérance sur Jésus-Christ, mais compter seulement sur leurs bonnes oeuvres;
9º Que la célébration du dimanche n'est point nécessaire, etc., etc.
Cette doctrine, qui renverse de fond en comble le christianisme, n'est d'ailleurs qu'une conséquence du protestantisme, qui, repoussant le principe de l'autorité, veut que chaque croyance soit soumise à l'examen de la raison. Les presbytériens sont donc peu logiques lorsqu'ils reprochent aux unitaires de ne pas croire certaines choses, puisque eux-mêmes se sont attribués le droit de repousser certaines croyances. Les presbytériens voudraient soutenir l'édifice qu'ils ont ébranlé; les unitaires pensent qu'il est plus rationnel que la chute suive la commotion. Toutes les sectes dissidentes, qui contestent quelques dogmes, sont d'accord sur le plus grand nombre; mais l'Église unitaire n'en reconnaît aucun. — À vrai dire, l'unitairianisme n'est point un culte, c'est une philosophie; il forme l'anneau de jonction entre le protestantisme et la religion naturelle. C'est le dernier point d'arrêt de la raison humaine qui, partie du catholicisme, placée à la base de la religion chrétienne, monte, par tous les degrés du protestantisme, jusqu'aux sommets de la philosophie, où, étant arrivée, elle se meut dans l'espace au risque de s'y perdre.