Bouvard y retourna seul, divertit quelques bourgeois par des sarcasmes contre le maire, et dès lors fréquenta l'estaminet.
Dauphin, six semaines après fut acquitté, faute de preuves. Quelle honte! On suspectait ces mêmes témoins, que l'on avait crus déposant contre eux.
Et leur colère n'eut plus de bornes, quand l'Enregistrement les avertit d'avoir à payer l'amende. Bouvard attaqua l'Enregistrement comme nuisible à la propriété.
—Vous vous trompez! dit le Percepteur.
—Allons donc! Elle endure le tiers de la charge publique! Je voudrais des procédés d'impôts, moins vexatoires, un cadastre meilleur, des changements au Régime hypothécaire, et qu'on supprimât la Banque de France, qui a le privilège de l'usure.
Girbal n'était pas de force, dégringola dans l'opinion, et ne reparut plus.
Cependant Bouvard plaisait à l'aubergiste; il attirait du monde; et en attendant les habitués, causait familièrement avec la bonne.
Il émit des idées drôles sur l'instruction primaire. On aurait dû, en sortant de l'école, pouvoir soigner les malades, comprendre les découvertes scientifiques, s'intéresser aux Arts!—Les exigences de son programme le fâchèrent avec Petit; et il blessa le Capitaine en prétendant que les soldats au lieu de perdre leur temps à la manoeuvre feraient mieux de cultiver des légumes.
Quand vint la question du libre échange, il ramena Pécuchet;—et pendant tout l'hiver, il y eut dans le café, des regards furieux, des attitudes méprisantes, des injures et des vociférations, avec des coups de poing sur les tables qui faisaient sauter les canettes.
Langlois et les autres marchands, défendaient le commerce national; Voisin filateur, Oudot gérant d'un laminoir et Mathieu orfèvre l'industrie nationale, les propriétaires et les fermiers l'agriculture nationale, chacun réclamant pour soi des privilèges, au détriment du plus grand nombre.—Les discours de Bouvard et de Pécuchet alarmaient.