—C'est que, peut-être, nous ne savons pas la chimie!
CHAPITRE III
Pour savoir la chimie, ils se procurèrent le cours de Regnault—et apprirent d'abord que les corps simples sont peut-être composés.
On les distingue en métalloïdes et en métaux,—différence qui n'a rien d'absolu, dit l'auteur. De même pour les acides et les bases, un corps pouvant se comporter à la manière des acides ou des bases, suivant les circonstances.
La notation leur parut baroque.—Les Proportions multiples troublèrent
Pécuchet.
—Puisqu'une molécule de A, je suppose, se combine avec plusieurs parties de B, il me semble que cette molécule doit se diviser en autant de parties; mais si elle se divise, elle cesse d'être l'unité, la molécule primordiale. Enfin, je ne comprends pas.
—Moi, non plus! disait Bouvard.
Et ils recoururent à un ouvrage moins difficile, celui de Girardin—où ils acquirent la certitude que dix litres d'air pèsent cent grammes, qu'il n'entre pas de plomb dans les crayons, que le diamant n'est que du carbone.
Ce qui les ébahit par-dessus tout, c'est que la terre comme élément n'existe pas.
Ils saisirent la manoeuvre du chalumeau, l'or, l'argent, la lessive du linge, l'étamage des casseroles; puis sans le moindre scrupule, Bouvard et Pécuchet se lancèrent dans la chimie organique.