Parle! Que te faut-il? Veux-tu boire du vin? veux-tu coucher dans nos lits? veux-tu manger des pains de miel qui ont la forme de petits oiseaux?

Pressons ses hanches, baisons sa poitrine! Tiens! tiens! les sens-tu nos doigts chargés de bagues qui courent sur ton corps, et nos lèvres qui cherchent ta bouche, et nos cheveux qui balayent tes cuisses, Dieu pâmé, sourd à nos prières!

Elles lancent des cris, en se déchirant le visage avec les ongles, puis se taisent;—et on entend toujours les hurlements du chien.

Hélas! hélas! Le sang noir coule sur sa chair neigeuse! Voilà ses genoux qui se tordent; ses côtes s'enfoncent. Les fleurs de son visage ont mouillé la pourpre. Il est mort! Pleurons! Désolons-nous!

Elles viennent, toutes à la file, déposer entre les flambeaux leurs longues chevelures, pareilles de loin à des serpents noirs ou blonds;—et le catafalque s'abaisse doucement jusqu'au niveau d'une grotte, un sépulcre ténébreux qui bâille par derrière.

Alors

UNE FEMME

s'incline sur le cadavre.

Ses cheveux, qu'elle n'a pas coupés, l'enveloppent de la tête aux talons. Elle verse tant de larmes que sa douleur ne doit pas être comme celle des autres, mais plus qu'humaine, infinie.

Antoine songe à la mère de Jésus.