Parmi ces consolateurs, Antoine remarque un homme chauve, en tunique noire, dont la figure s'est déjà montrée quelque part; il les entretient du néant du monde et de la félicité des élus. Antoine est transporté d'amour. Il souhaite l'occasion de répandre sa vie pour le Sauveur, ne sachant pas s'il n'est point lui-même un de ces martyrs.

Mais, sauf un Phrygien à longs cheveux, qui reste les bras levés, tous ont l'air triste. Un vieillard sanglote sur un banc, et un jeune homme rêve, debout, la tête basse.

LE VIEILLARD

n'a pas voulu payer, à l'angle d'un carrefour, devant une statue de Minerve; et il considère ses compagnons avec un regard qui signifie:

Vous auriez du me secourir! Des communautés s'arrangent quelquefois pour qu'on les laisse tranquilles. Plusieurs d'entre vous ont même obtenu de ces lettres déclarant faussement qu'on a sacrifié aux idoles.

Il demande:

N'est-ce pas Pétrus d'Alexandrie qui a réglé ce qu'on doit faire quand on a fléchi dans les tourments?

Puis, en lui-même:

Ah! cela est bien dur à mon âge! mes infirmités me rendent si faible!
Cependant, j'aurais pu vivre jusqu'à l'autre hiver, encore!

Le souvenir de son petit jardin l'attendrit;—et il regarde du côté de l'autel.