IX

Six semaines s'écoulèrent. Rodolphe ne revint pas. Un soir, enfin, il parut.

Il s'était dit, le lendemain des comices: «N'y retournons pas de sitôt, ce serait une faute»; et au bout de la semaine, il était parti pour la chasse. Après la chasse, il avait songé qu'il était trop tard. Puis il fit ce raisonnement: «Mais si du premier jour elle m'a aimé, elle doit, par l'impatience de me revoir, m'aimer davantage. Continuons donc!» Et il comprit que son calcul avait été bon, lorsqu'en entrant dans la salle il aperçut Emma pâlir.

Elle était seule. Le jour tombait. Les petits rideaux de mousseline le long des vitres épaississaient le crépuscule, et la dorure du baromètre, sur qui frappait un rayon de soleil, étalait des feux dans la glace entre les découpures du polypier.

Rodolphe resta debout; et à peine si Emma répondit à ses premières phrases de politesse.

—Moi, dit-il, j'ai eu des affaires. J'ai été malade.

—Gravement? s'écria-t-elle.

—Eh bien! fit Rodolphe en s'asseyant à ses côtés sur un tabouret, non!... C'est que je n'ai pas voulu revenir.

—Pourquoi?