—Raison de plus!»
Il repassa vivement sa redingote et avait pris son bougeoir. Frédéric se maudit pour sa sottise, et lui représenta qu'il devait, par décence, rester ce soir auprès de sa femme. Il ne pouvait l'abandonner, ce serait très mal.
«Franchement, vous auriez tort! Rien ne presse, là-bas! Vous irez demain! Voyons! faites cela pour moi.»
Arnoux déposa son bougeoir, et lui dit, en l'embrassant:
«Vous êtes bon, vous!»
III
Alors commença pour Frédéric une existence misérable. Il fut le parasite de la maison.
Si quelqu'un était indisposé, il venait trois fois par jour savoir de ses nouvelles, allait chez l'accordeur de piano, inventait mille prévenances; et il endurait d'un air content les bouderies de Mlle Marthe et les caresses du jeune Eugène, qui lui passait toujours ses mains sales sur la figure. Il assistait aux dîners où Monsieur et Madame, en face l'un de l'autre, n'échangeaient pas un mot: ou bien, Arnoux agaçait sa femme par des remarques saugrenues. Le repas terminé, il jouait dans la chambre avec son fils, se cachait derrière les meubles, ou le portait sur son dos, en marchant à quatre pattes, comme le Béarnais. Il s'en allait enfin; et elle abordait immédiatement l'éternel sujet de plainte: Arnoux.