Mme Arnoux ne croyait pas qu'il eût plus tard une grande imagination, mais il était d'humeur caressante. Sa sœur, au contraire, avait une sécheresse naturelle qui la blessait quelquefois.
«Cela changera, dit Frédéric. Il ne faut jamais désespérer.»
Elle répliqua:
«Il ne faut jamais désespérer!»
Cette répétition machinale de sa phrase lui parut une sorte d'encouragement; il cueillit une rose, la seule du jardin.
«Vous rappelez-vous... un certain bouquet de roses, un soir, en voiture?»
Elle rougit quelque peu; et, avec un air de compassion railleuse:
«Ah! j'étais bien jeune!
—Et celle-là, reprit à voix basse Frédéric, en sera-t-il de même?»