Mais M. Dambreuse? «Eh bien, tant pis! Je dirai que j'étais malade.» Il courut à la gare; puis, dans le wagon: «J'ai eu tort, peut-être? Ah bah! qu'importe!»

A droite et à gauche, des plaines vertes s'étendaient; le convoi roulait; les maisonnettes des stations glissaient comme des décors, et la fumée de la locomotive versait toujours du même côté ses gros flocons qui dansaient sur l'herbe quelque temps, puis se dispersaient.

Frédéric, seul sur sa banquette, regardait cela, par ennui, perdu dans cette langueur que donne l'excès même de l'impatience. Des grues, des magasins, parurent. C'était Creil.

La ville, construite au versant de deux collines basses (dont la première est nue et la seconde couronnée par un bois), avec la tour de son église, ses maisons inégales et son pont de pierre, lui semblait avoir quelque chose de gai, de discret et de bon. Un grand bateau plat descendait au fil de l'eau, qui clapotait fouettée par le vent; des poules, au pied du calvaire, picoraient dans la paille; une femme passa, portant du linge mouillé sur la tête.

Après le pont, il se trouva dans une île, où l'on voit sur la droite les ruines d'une abbaye. Un moulin tournait, barrant dans toute sa largeur le second bras de l'Oise, que surplombe la manufacture. L'importance de cette construction étonna grandement Frédéric. Il en conçut plus de respect pour Arnoux. Trois pas plus loin, il prit une ruelle, terminée au fond par une grille.

Il était entré. La concierge le rappela en lui criant:

«Avez-vous une permission?

—Pourquoi?

—Pour visiter l'établissement!»

Frédéric, d'un ton brutal, dit qu'il venait voir M. Arnoux.