«Un mot, cher monsieur! J’ai des explications à vous fournir.
—Je n’en demande pas.
—De grâce! écoutez-moi.»
Ce n’était nullement sa faute. On l’avait prié, contraint en quelque sorte. Martinon, tout de suite, appuya ses paroles: des Nogentais en députation s’étaient présentés chez lui.
«D’ailleurs, j’ai cru être libre, du moment...»
Une poussée de monde sur le trottoir força M. Dambreuse à s’écarter. Une minute après, il reparut, en disant à Martinon:
«C’est un vrai service, cela! Vous n’aurez pas à vous repentir...»
Tous les trois s’adossèrent contre une boutique, afin de causer plus à l’aise.
On criait de temps en temps: «Vive Napoléon! vive Barbès! à bas Marie!» La foule innombrable parlait très haut,—et toutes ces voix, répercutées par les maisons, faisaient comme le bruit continuel des vagues dans un port. A de certains moments, elles se taisaient; alors, la Marseillaise s’élevait. Sous les portes cochères, des hommes d’allures mystérieuses proposaient des cannes à dard. Quelquefois, deux individus, passant l’un devant l’autre, clignaient de l’œil et s’éloignaient prestement. Des groupes de badauds occupaient les trottoirs; une multitude compacte s’agitait sur le pavé. Des bandes entières d’agents de police, sortant des ruelles, y disparaissaient à peine entrés. De petits drapeaux rouges, çà et là, semblaient des flammes; les cochers, du haut de leur siège, faisaient de grands gestes, puis s’en retournaient. C’était un mouvement, un spectacle des plus drôles.
«Comme tout cela, dit Martinon, aurait amusé Mlle Cécile!