«Puis seulement quelques intimes, Alfred de Cisy, entre autres.»
Et elle vanta ses manières, sa figure, et principalement ses mœurs.
Mme Dambreuse mentait moins qu’elle ne croyait; le vicomte rêvait le mariage. Il l’avait dit à Martinon, ajoutant qu’il était sûr de plaire à Mlle Cécile et que ses parents l’accepteraient.
Pour risquer une telle confidence, il devait avoir sur la dot des renseignements avantageux. Or Martinon soupçonnait Cécile d’être la fille naturelle de M. Dambreuse, et il eût été probablement très fort de demander sa main à tout hasard. Cette audace offrait des dangers; aussi Martinon, jusqu’à présent, s’était conduit de manière à ne pas se compromettre; d’ailleurs, il ne savait comment se débarrasser de la tante. Le mot de Cisy le détermina, et il avait fait sa requête au banquier, lequel, n’y voyant pas d’obstacle, venait d’en prévenir Mme Dambreuse.
Cisy parut. Elle se leva et dit:
«Vous nous oubliez... Cécile, shake hands!»
Au même moment, Frédéric entrait.
«Ah! enfin! on vous retrouve! s’écria le père Roque. J’ai été trois fois chez vous, avec Louise, cette semaine!»
Frédéric les avait soigneusement évités. Il allégua qu’il passait tous ses jours près d’un camarade blessé. Depuis longtemps, du reste, un tas de choses l’avaient pris, et il cherchait des histoires. Heureusement, les convives arrivèrent: d’abord M. Paul de Grémonville, le diplomate entrevu au bal; puis Fumichon, cet industriel dont le dévouement conservateur l’avait un soir scandalisé; la vieille duchesse de Montreuil-Nantua les suivait.
Mais deux voix s’élevèrent dans l’antichambre.