Cet événement était une calamité, qui d’abord ajournait leur rupture,—et puis bouleversait tous ses projets. L’idée d’être père, d’ailleurs, lui paraissait grotesque, inadmissible. Mais pourquoi? Si, au lieu de la Maréchale...? Et sa rêverie devint tellement profonde, qu’il eut une sorte d’hallucination. Il voyait là, sur le tapis, devant la cheminée, une petite fille. Elle ressemblait à Mme Arnoux et à lui-même, un peu:—brune et blanche, avec des yeux noirs, de très grands sourcils, un ruban rose dans ses cheveux bouclants! (Oh! comme il l’aurait aimée!) Et il lui semblait entendre sa voix: «Papa! papa!»

Rosanette, qui venait de se déshabiller, s’approcha de lui, aperçut une larme à ses paupières et le baisa sur le front gravement. Il se leva en disant:

«Parbleu! On ne le tuera pas, ce marmot!»

Alors, elle bavarda beaucoup. Ce serait un garçon, bien sûr! On l’appellerait Frédéric. Il fallait commencer son trousseau;—et, en la voyant si heureuse, une pitié le prit. Comme il ne ressentait maintenant aucune colère, il voulut savoir la raison de sa démarche tout à l’heure.

C’est que Mlle Vatnaz lui avait envoyé, ce jour-là même, un billet protesté depuis longtemps; et elle avait couru chez Arnoux pour avoir de l’argent.

«Je t’en aurais donné! dit Frédéric.

—C’était plus simple de prendre là-bas ce qui m’appartient et de rendre à l’autre ses mille francs.

—Est-ce au moins tout ce que tu lui dois?»

Elle répondit:

«Certainement!»