Elle fouilla dans un tiroir, prit une lettre et s’en alla vivement à la Société d’éclairage du Languedoc, afin d’obtenir le transfert de ses actions.
Elle revint une heure après. Les titres étaient vendus à un autre! Le commis lui avait répondu en examinant son papier, la promesse écrite par Arnoux:
«Cet acte ne vous constitue nullement propriétaire. La Compagnie ne connaît pas cela.» Bref, il l’avait congédiée, elle en suffoquait; et Frédéric devait se rendre à l’instant même chez Arnoux, pour éclaircir la chose.
Mais Arnoux croirait peut-être qu’il venait pour recouvrer indirectement les quinze mille francs de son hypothèque perdue; et puis cette réclamation à un homme qui avait été l’amant de sa maîtresse lui semblait une turpitude. Choisissant un moyen terme, il alla prendre à l’hôtel Dambreuse l’adresse de Mme Regimbart, envoya chez elle un commissionnaire et connut ainsi le café que hantait maintenant le citoyen.
C’était un petit café sur la place de la Bastille, où il se tenait toute la journée, dans le coin de droite, au fond, ne bougeant pas plus que s’il avait fait partie de l’immeuble.
Après avoir passé successivement par la demi-tasse, le grog, le bischof, le vin chaud et même l’eau rougie, il était revenu à la bière et, de demi-heure en demi-heure, laissait tomber ce mot: «Bock!» ayant réduit son langage à l’indispensable. Frédéric lui demanda s’il voyait quelquefois Arnoux.
«Non!
—Tiens, pourquoi?
—Un imbécile!»
La politique peut-être les séparait, et Frédéric crut bien faire de s’informer de Compain.