Puis il se remit à causer avec son cousin l’agronome, lequel trouvait au séjour de la campagne beaucoup d’avantages, ne serait-ce que de pouvoir élever ses filles dans des goûts simples. Le précepteur applaudissait à ses idées et le flagornait, lui supposant de l’influence sur son élève, dont il désirait secrètement être l’homme d’affaires.
Frédéric était venu plein d’humeur contre Cisy; sa sottise l’avait désarmé. Mais ses gestes, sa figure, toute sa personne lui rappelant le dîner du café Anglais, l’agaçaient de plus en plus; et il écoutait les remarques désobligeantes que faisait à demi-voix le cousin Joseph, un brave garçon sans fortune, amateur de chasse et boursier. Cisy, par manière de rire, l’appela «voleur» plusieurs fois; puis, tout à coup:
«Ah! le baron!»
Alors entra un gaillard de trente ans, qui avait quelque chose de rude dans la physionomie, de souple dans les membres, le chapeau sur l’oreille, et une fleur à la boutonnière. C’était l’idéal du vicomte. Il fut ravi de le posséder; et, sa présence l’excitant, il tenta même un calembour, car il dit, comme on passait un coq de bruyère:
«Voilà le meilleur des caractères de La Bruyère!»
Ensuite, il adressa à M. de Comaing une foule de questions sur des personnes inconnues à la société; puis, comme saisi d’une idée:
«Dites donc! avez-vous pensé à moi?»
L’autre haussa les épaules.
«Vous n’avez pas l’âge, mon petiot! Impossible!»
Cisy l’avait prié de le faire admettre à son club. Mais le baron, ayant sans doute pitié de son amour-propre: