«Est-ce que je peux vivre sans toi!»
Il tâchait de la calmer. Elle lui mit ses deux mains sur les épaules pour le mieux voir en face, et, dardant contre les siennes ses prunelles vertes, d’une humidité presque féroce:
«Veux-tu être mon mari?
—Mais..., répliqua Frédéric, cherchant quelque réponse. Sans doute... Je ne demande pas mieux.»
A ce moment la casquette de M. Roque apparut derrière un lilas.
Il emmena son «jeune ami» pendant deux jours faire un petit voyage aux environs, dans ses propriétés; et Frédéric, lorsqu’il revint, trouva chez sa mère trois lettres.
La première était un billet de M. Dambreuse l’invitant à dîner pour le mardi précédent. A propos de quoi cette politesse? On lui avait donc pardonné son incartade?
La seconde était de Rosanette. Elle le remerciait d’avoir risqué sa vie pour elle; Frédéric ne comprit pas d’abord ce qu’elle voulait dire; enfin, après beaucoup d’ambages, elle implorait de lui, en invoquant son amitié, se fiant à sa délicatesse, à deux genoux, disait-elle, vu la nécessité pressante et comme on demande du pain, un petit secours de cinq cents francs. Il se décida tout de suite à les fournir.
La troisième lettre, venant de Deslauriers, parlait de la subrogation et était longue, obscure. L’avocat n’avait pris encore aucun parti. Il l’engageait à ne pas se déranger: «C’est inutile que tu reviennes!» appuyant même là-dessus avec une insistance bizarre.
Frédéric se perdit dans toutes sortes de conjectures, et il eut envie de s’en retourner là-bas; cette prétention au gouvernement de sa conduite le révoltait.