Se plaignant «d’étouffer de chaleur», la Maréchale défit sa veste; et, sans autre vêtement autour des reins que sa chemise de soie, elle inclinait la tête sur son épaule, avec un air d’esclave plein de provocations.
Un homme d’un égoïsme moins réfléchi n’eût pas songé que le vicomte, M. de Comaing ou un autre pouvait survenir. Mais Frédéric avait été trop de fois la dupe de ces mêmes regards pour se compromettre dans une humiliation nouvelle.
Elle voulut connaître ses relations, ses amusements; elle arriva même à s’informer de ses affaires et à offrir de lui prêter de l’argent, s’il en avait besoin. Frédéric, n’y tenant plus, prit son chapeau.
«Allons, ma chère, bien du plaisir là-bas; au revoir!»
Elle écarquilla les yeux; puis, d’un ton sec:
«Au revoir!»
Il repassa par le salon jaune et par la seconde antichambre. Il y avait sur la table, entre un vase plein de cartes de visite et une écritoire, un coffret d’argent ciselé. C’était celui de Mme Arnoux! Alors, il éprouva un attendrissement et en même temps comme le scandale d’une profanation. Il avait envie d’y porter les mains, de l’ouvrir. Il eut peur d’être aperçu et s’en alla.
Frédéric fut vertueux. Il ne retourna point chez Arnoux.
Il envoya son domestique acheter les deux nègres, lui ayant fait toutes les recommandations indispensables; et la caisse partit, le soir même, pour Nogent. Le lendemain, comme il se rendait chez Deslauriers, au détour de la rue Vivienne et du boulevard, Mme Arnoux se montra devant lui face à face.
Leur premier mouvement fut de reculer; puis, le même sourire leur vint aux lèvres, et ils s’abordèrent. Pendant une minute, aucun des deux ne parla.