Un jour, un enfant noir qui tenait un caducée d’or à la main, nous conduisit au collège des sages. Iarchas, leur chef, me parla de mes ancêtres, de toutes mes pensées, de toutes mes actions, de toutes mes existences. Il avait été le fleuve Indus et me rappela que j’avais conduit des barques sur le Nil, au temps du roi Sésostris.

DAMIS.

Moi, on ne me dit rien, de sorte que je ne sais pas qui j’ai été.

ANTOINE.

Ils ont l’air vague comme des ombres.

APOLLONIUS.

Nous avons rencontré, sur le bord de la mer, les Cynocéphales gorgés de lait, qui s’en revenaient de leur expédition dans l’île Taprobane. Les flots tièdes poussaient devant nous des perles blondes. L’ambre craquait sous nos pas. Des squelettes de baleine blanchissaient dans la crevasse des falaises. La terre, à la fin, se fit plus étroite qu’une sandale;—et après avoir jeté vers le soleil des gouttes de l’Océan, nous tournâmes à droite pour revenir.

Nous sommes revenus par la région des Aromates, par le pays des Gangarides, le promontoire de Comaria, la contrée des Sachalites, des Adramites et des Homérites;—puis, à travers les monts Cassaniens, la mer Rouge et l’île Topazos, nous avons pénétré en Éthiopie par le royaume des Pygmées.

ANTOINE

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