ANTOINE.

Pour quoi faire?

HILARION.

Pour rétablir l’équilibre, pour combattre le mal. Mais la vie s’épuise, les formes s’usent; et il leur faut progresser dans les métamorphoses.

Tout à coup paraît

UN HOMME NU,

assis au milieu du sable, les jambes croisées.

Un large halo vibre, suspendu derrière lui. Les petites boucles de ses cheveux noirs, et à reflets d’azur, contournent symétriquement une protubérance au haut de son crâne. Ses bras, très longs, descendent droits contre ses flancs. Ses deux mains, les paumes ouvertes, reposent à plat sur ses cuisses. Le dessous de ses pieds offre l’image de deux soleils; et il reste complètement immobile—en face d’Antoine et d’Hilarion,—avec tous les Dieux à l’entour, échelonnés sur les roches comme sur les gradins d’un cirque.

Ses lèvres s’entr’ouvrent; et d’une voix profonde:

Je suis le maître de la grande aumône, le secours des créatures, et aux croyants comme aux profanes j’expose la loi.