Avec une pierre tranchante il s’émascule, puis se met à courir furieux, en levant dans l’air son membre coupé.
Les prêtres font comme le dieu, les fidèles comme les prêtres. Hommes et femmes échangent leurs vêtements, s’embrassent;—et ce tourbillon de chairs ensanglantées s’éloigne, tandis que les voix, durant toujours, deviennent plus criardes et stridentes comme celles qu’on entend aux funérailles.
Un grand catafalque tendu de pourpre porte à son sommet un lit d’ébène, qu’entourent des flambeaux et des paniers en filigranes d’argent, où verdoient des laitues, des mauves et du fenouil. Sur les gradins, du haut en bas, des femmes sont assises, toutes habillées de noir, la ceinture défaite, les pieds nus, en tenant d’un air mélancolique de gros bouquets de fleurs.
Par terre, aux coins de l’estrade, des urnes en albâtre pleines de myrrhe fument lentement.
On distingue sur le lit le cadavre d’un homme. Du sang coule de sa cuisse. Il laisse pendre son bras;—et un chien, qui hurle, lèche ses ongles.
La ligne des flambeaux trop pressés empêche de voir sa figure, et Antoine est saisi par une angoisse. Il a peur de reconnaître quelqu’un.
Les sanglots des femmes s’arrêtent; et après un intervalle de silence,
TOUTES
à la fois psalmodient:
Beau! beau! il est beau! Assez dormi, lève la tête! Debout!