Tu désires que Dieu ne soit pas Dieu;—car s’il éprouvait de l’amour, de la colère ou de la pitié, il passerait de sa perfection à une perfection plus grande, ou plus petite. Il ne peut descendre à un sentiment ni se contenir dans une forme.

ANTOINE.

Un jour, pourtant, je le verrai!

LE DIABLE.

Avec les bienheureux, n’est-ce pas?—quand le fini jouira de l’infini, dans un endroit restreint enfermant l’absolu!

ANTOINE.

N’importe, il faut qu’il y ait un paradis pour le bien, comme un enfer pour le mal!

LE DIABLE.

L’exigence de ta raison fait-elle la loi des choses? Sans doute le mal est indifférent à Dieu puisque la terre en est couverte!

Est-ce par impuissance qu’il le supporte, ou par cruauté qu’il le conserve?