LA CHIMÈRE.

Tu ne me saisiras pas, sphinx terrible!

LE SPHINX.

Pour demeurer avec moi, tu es trop folle!

LA CHIMÈRE.

Pour me suivre, tu es trop lourd!

LE SPHINX.

Où vas-tu donc, que tu cours si vite?

LA CHIMÈRE.

Je galope dans les corridors du labyrinthe, je plane sur les monts, je rase les flots, je jappe au fond des précipices, je m’accroche par la gueule au pan des nuées; avec ma queue traînante, je raye les plages, et les collines ont pris leur courbe selon la forme de mes épaules. Mais toi, je te retrouve perpétuellement immobile, ou bien du bout de ta griffe dessinant des alphabets sur le sable.