Antoine siffle pour le faire venir. Le chacal disparaît.
Ah! il s’en va rejoindre les autres! Quelle solitude! Quel ennui!
Riant amèrement:
C’est une si belle existence que de tordre au feu des bâtons de palmier pour faire des houlettes, et de façonner des corbeilles, de coudre des nattes, puis d’échanger tout cela avec les Nomades contre du pain qui vous brise les dents! Ah! misère de moi! est-ce que ça ne finira pas! Mais la mort vaudrait mieux! Je n’en peux plus! Assez! assez!
Il frappe du pied et tourne au milieu des roches d’un pas rapide, puis s’arrête hors d’haleine, éclate en sanglots et se couche par terre, sur le flanc.
La nuit est calme; des étoiles nombreuses palpitent; on n’entend que le claquement des tarentules.
Les deux bras de la croix font une ombre sur le sable; Antoine, qui pleure, l’aperçoit.
Suis-je assez faible, mon Dieu! Du courage, relevons-nous!
Il entre dans sa cabane, découvre un charbon enfoui, allume une torche et la plante sur la stèle de bois, de façon à éclairer le gros livre.
Si je prenais... la Vie des Apôtres?... oui!... n’importe où!