O ma sœur! ô mon frère! ô ma fille! ô ma mère!

Ils sont à genoux, le front dans les mains, ou le corps tout à plat, les deux bras étendus;—et les sanglots qu’ils retiennent soulèvent leur poitrine à la briser. Ils regardent le ciel en disant:

Aie pitié de son âme, ô mon Dieu! Elle languit au séjour des ombres; daigne l’admettre dans la Résurrection, pour qu’elle jouisse de ta lumière!

Ou, l’œil fixé sur les dalles, ils murmurent:

Apaise-toi, ne souffre plus! Je t’ai apporté du vin, des viandes!

UNE VEUVE.

Voici du pultis, fait par moi, selon son goût, avec beaucoup d’œufs et double mesure de farine! Nous allons le manger ensemble, comme autrefois, n’est-ce pas?

Elle en porte un peu à ses lèvres; et, tout à coup, se met à rire d’une façon extravagante, frénétique.

Les autres, comme elle, grignotent quelque morceau, boivent une gorgée.

Ils se racontent les histoires de leurs martyrs; la douleur s’exalte, les libations redoublent. Leurs yeux noyés de larmes se fixent les uns sur les autres. Ils balbutient d’ivresse et de désolation; peu à peu, leurs mains se touchent, leurs lèvres s’unissent, les voiles s’entr’ouvrent, et ils se mêlent sur les tombes entre les coupes et les flambeaux.