La nuit.—La lune et les étoiles brillent. Silence des champs.

SMARH, seul.

Il sort de sa cellule et marche.

Quelle est donc cette science qu’on m’a promise, où la trouve-t-on? de qui la recevrai-je? par quels chemins mène-t-elle et où mène-t-elle et au terme de la route où est-on? Tout cela, hélas! est un chaos pour moi et je n’y vois rien que des ténèbres.

Où irai-je? Je ne sais, mais j’ai un désir d’apprendre, d’aller, de voir. Tout ce que je sais me semble petit et mesquin; des besoins inaccoutumés s’élèvent dans mon cœur. Si j’allais apprendre l’infini, si j’allais vous connaître, ô monde, sur lequel je marche; si j’allais vous voir, ô Dieu que j’adore!

Qu’est-ce donc! ma pensée se perd dans cet abîme.

Est-ce que je n’étais pas heureux à vivre ainsi saintement, à prier Dieu, à secourir les hommes. Pourquoi me faut-il quelque chose de plus, l’homme est donc fait pour apprendre puisqu’il en a le désir?

Je n’ai que faire de ce que tous les hommes savent; je méprise leurs livres, témoignages de leurs erreurs.

C’est une science divine qu’il me faut, quelque chose qui m’élève au-dessus des hommes et me rapproche de Dieu.

Oh! mon cœur se gonfle, mon âme s’ouvre, ma tête se perd; je sens que je vais changer, je vais peut-être mourir, c’est peut-être là le commencement d’éternité bienheureuse promise aux saints.