Révocation de l’Édit de Nantes, 1685.
Mort de Molière, 1673.
Comment se peut-il qu’aucun des académiciens, réunis en comité pour entendre la lecture de ce discours avant qu’il fût prononcé, ne fît ce simple rapprochement de dates?
Gustave Flaubert comptait donc former un volume entier de ces documents justificatifs. Pour rendre moins lourd et fastidieux ce recueil de sottises, il y aurait intercalé deux ou trois contes, d’un idéalisme poétique, copié aussi par Bouvard et Pécuchet.
On a trouvé dans ses papiers le plan d’une de ces nouvelles, qui aurait été intitulée: Une nuit de Don Juan.
Ce plan, indiqué en phrases courtes, souvent même par des mots sans suite, révèle mieux que toute dissertation sa manière de concevoir et de préparer son travail. A ce point de vue, il peut être intéressant. Le voici:
UNE NUIT DE DON JUAN
I
Le faire sans parties, d’un seul trait.
Commencement mouvementé comme action,—en tableau deux cavaliers arrivent sur les chevaux essoufflés. Aperçu de paysage, mais pas encore trop indiqué, seulement comme XXXVIII lumière, dans les arbres,—on laisse paître les chevaux dans les broussailles,—ils s’y empêtrent la gourmette, etc.—Cela au milieu du dialogue, coupé, de temps à autre, par de petits détails d’action.
Don Juan se déboutonne et jette son épée qui sort un peu du fourreau sur le gazon.—Il vient de tuer le frère de dona Elvire.—Ils sont en fuite.—La conversation commence par des aigreurs et des brusqueries.