L’abbé ne répondit pas franchement.

«Tout est possible à Dieu, et les miracles sont une preuve de la religion.

—Cependant il y a des lois.

—Cela n’y fait rien. Il les dérange pour instruire, corriger.

—Que savez-vous s’il les dérange? répliqua Bouvard. Tant que la nature suit sa routine, on n’y pense pas; mais, dans un phénomène extraordinaire, nous voyons la main de Dieu.

—Elle peut y être, dit l’ecclésiastique, et quand un événement se trouve certifié par des témoins?

—Les témoins gobent tout, car il y a de faux miracles!»

Le prêtre devint rouge.

«Sans doute..., quelquefois.

—Comment les distinguer des vrais? Et si les vrais donnés en preuves ont eux-mêmes besoin de preuves, pourquoi en faire?»