«Avec cela, ils sont jolis, ceux que vous ramassez sur les grandes routes; ils iront loin! Prenez garde!
—Garde à quoi? dit aigrement Pécuchet.
—Oh! je n’ai pas peur de vous!
—Ni moi non plus!»
Coulon intervint, modéra le garde champêtre et le fit s’éloigner.
Pendant quelques minutes on resta silencieux. Puis il fut question des dahlias du capitaine, qui ne lâcha point son monde sans les avoir exhibés l’un après l’autre.
Bouvard et Pécuchet rejoignaient leur domicile, quand, à cent pas devant eux, ils distinguèrent Placquevent; et Zéphyrin, près de lui, levant le coude en manière de bouclier pour se garantir des gifles.
Ce qu’ils venaient d’entendre exprimait, sous d’autres formes, les idées de M. le comte; mais l’exemple de leurs élèves témoignerait combien la liberté l’emporte sur la contrainte. Un peu de discipline était cependant nécessaire.
Pécuchet cloua dans le muséum un tableau pour les démonstrations; on tiendrait un journal où les actions de l’enfant, notées le soir, seraient relues le lendemain. Tout s’accomplirait au son de la cloche. Comme Dupont de Nemours, ils useraient de l’injonction paternelle d’abord, puis de l’injonction militaire, et le tutoiement fut interdit.
Bouvard tâcha d’apprendre le calcul à Victorine. Quelquefois ils se trompaient; ils en riaient l’un et l’autre; puis, le baisant sur le cou, à la place qui n’a pas de barbe, elle demandait à s’en aller; il la laissait partir.